Notre Vision

L’intrapreneuriat n’est pas une mode : il anticipe le « travail de demain »

 

L’Intrapreneuriat a été l’objet d’un engouement croissant ces dernières années :  de nombreuses entreprises (1) ont mis en place des programmes ambitieux destinés à favoriser l’émergence de projets innovants et accompagner les employés qui en sont à l’origine. A l’heure de la crise de la Covid-19 et des restrictions budgétaires qu’elle entraine, certains responsables questionnent le bien-fondé de ces programmes. Ces revirements pourraient laisser penser que l’intrapreneuriat ne serait qu’une « mode managériale » de plus, qui surgit, se diffuse pour ensuite baisser en popularité avant de disparaitre. L’étude des pratiques intrapreneuriales révèle au contraire une tendance de fond : celles-ci sont implantées en Amérique du Nord et en Europe depuis le milieu des années quatre-vingt, et si elles connaissent des fluctuations, elles continuent de se renforcer à chaque transition majeure de l’environnement économique.

 

 

 

Si la crise peut amener certaines entreprises à questionner les programmes d’intrapreneuriat, nous pensons, au contraire, que l’intrapreneuriat comme “nouvelle forme de travail” est plus pertinent que jamais. Il se pose non seulement comme une pratique adaptée au nouveau contexte d’incertitude, mais surtout comme un prélude au « travail de demain ».

En effet, les valeurs et les attitudes propres à l’intrapreneuriat comme, l’autonomie, l’apprentissage, l’esprit d’ouverture et de coopération, l’agilité mais aussi l’engagement personnel, renvoient à l’évolution profonde des mentalités et des comportements. Les salariés aspirent en effet à plus d’autonomie, à un nouveau rapport de subordination et à se développer continuellement. Ces nouvelles aspirations font écho à de nouvelles formes de travail avec l’apparition d’équipes multidisciplinaires, fonctionnant en réseau. Mais surtout on observe une exigence de sens croissante et la volonté de contribuer positivement aux enjeux sociétaux et environnementaux (2).

 


(1) Citons parmi le plus connues : Société Générale, BNP Paribas, Michelin, Safran, Orange, Air France, Prisma Media, Bouygues ou encore Suez, KPMG, etc.

(2) Imaginer l’avenir du travail – Quatre types d’organisation du travail à l’horizon 2030 (2017) par France Stratégie

L’intrapreneuriat est difficile à mettre en œuvre

 

 

L’étude des pratiques intrapreneuriales révèle que de nombreuses entreprises ne parviennent pas à tirer pleinement profit de leurs efforts :  quels que soient l’époque et le contexte, ces entreprises sont confrontées aux mêmes problèmes.

 

Des problèmes récurrents

Les problèmes qui reviennent le plus souvent sont :

  • Une méconnaissance de la nature et des enjeux de l’intrapreneuriat de la part des principales parties prenantes
  • Un appui en pointillé (stop and go) de la part des dirigeants
  • Des erreurs ou des oublis dans la conception des dispositifs mis en place

 

 

 

Le fait que les mêmes problèmes continuent de se manifester montre que les acteurs de l’intrapreneuriat n’arrivent pas à tirer profit de plusieurs décennies d’expérimentations et de savoirs cumulés.

 

Pas de solution toute faite

Les démarches intrapreneuriales sont multiples, de par leurs finalités, leur positionnement dans l’entreprise, leur organisation ou encore les processus déployés. Leur succès dépend de leur alignement avec les caractéristiques spécifiques de l’organisation – secteur d’activité, enjeux stratégiques, structure, culture et style de management – et par conséquent requièrent une réflexion approfondie en amont, impliquant l’ensemble des parties prenantes. Or cette étape est souvent négligée, les promoteurs de l’intrapreneuriat préférant adopter des modèles déjà existants, développés pour d’autres entreprises et pour des contextes différents.

 

Un savoir dispersé et fragmentaire

Même si l’intrapreneuriat n’est pas une démarche nouvelle, il est difficile de repérer et d’accéder aux savoirs pertinents. Les travaux de recherche sont disséminés et rarement en lien avec les pratiques. Les experts sont peu nombreux et leurs compétences souvent limitées à un type de démarche ou à une dimension spécifique de l’intrapreneuriat.

L’intrapreneuriat est source de bénéfices importants pour les organisations et leurs employés

 

L’étude des pratiques de l’intrapreneuriat révèle qu’elles contribuent au développement du capital humain et à la performance économique de l’entreprise.

 

 

 

Développement du capital humain

L’intrapreneuriat contribue à stimuler la motivation et l’engagement des employés mais aussi à attirer et retenir les talents. Il accélère l’apprentissage individuel et la transformation culturelle des organisations.

 

Performance économique

L’intrapreneuriat permet d’enrichir le portefeuille d’innovations de l’entreprise et de générer de nouveaux revenus. Il favorise une meilleure exploitation des actifs sous-utilisés, contribue à réduire le time-to-market d’offres et de produits innovants, et participe ainsi à la compétitivité des entreprises. Enfin, l’intrapreneuriat est une approche frugale qui permet de limiter les risques et les coûts inhérents à l’exploration.

Pour maximiser son impact et se diffuser, l’intrapreneuriat doit se professionnaliser
Pour tirer pleinement parti de l’intrapreneuriat, les managers impliqués doivent adopter des méthodologies rigoureuses et profiter des retours d’expérience de pairs plus expérimentés. Ils doivent avoir une vision d’ensemble des différentes options qui s’offrent à eux et comprendre leurs avantages et enjeux spécifiques. Ils doivent être en mesure de sélectionner et d’interagir avec des praticiens et des prestataires qualifiés capables de les accompagner dans les phases de formulation et de mise en œuvre d’une stratégie intrapreneuriale sur-mesure. Les managers en charge de l’intrapreneuriat doivent se professionnaliser.

Mais cela ne suffit pas, car leur performance est tributaire des nombreuses parties prenantes : haute direction, responsables de fonctions support, responsables opérationnels et prestataires externes. Tous ces acteurs doivent également monter en compétence. Sans oublier les intrapreneurs qui doivent plus encore accéder aux connaissances et savoir-faire qui leur permettront de mener à bien leur projet.

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